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  • Sylviane Retuerta

Quand les bottines suivent les babines

Updated: May 29




Comment tirer parti de la folie créé par le Corona?


Je suis surprise d’entendre ceux qui se plaignent de l’ennui qu’ils ressentent et de leur difficulté à tuer le temps. Vraiment? Parce que de mon côté j’ai rarement manqué d’autant de temps et je n’arrive pas à faire rentrer dans mon planning ce que j’ai envie de faire pendant cette période imposée de confinement.

Comme me le faisait remarquer mon amie Josée, «cela fait un an que tu me dis que tu souhaites ralentir, ne plus voyager autant, et que tu envoies tes vœux à l’univers pour que cela se concrétise; je crois que tu l’as crié si fort qu’il t’a bien entendu… mais tu sais les quelques autres milliards d’individus sur la planète n’avaient pas forcément la même envie que toi !!»

Rire à gorge déployée! Il faut bien rire un peu.

Alors, même si mon business s’est arrêté net et les revenus qu’il génère avec, je me suis bien promis de ne pas me plaindre et ai décidé de tirer parti le mieux possible de tout ce chamboulement; à commencer par mettre en place quelques routines. Bien que je ne sois pas une personne très routinière (je passe la majorité de mon temps hors de chez moi en voyage à l’étranger), je me disais que ce serait chouette de m’installer pendant ce temps de confinement dans une certaine routine pour pouvoir faire ce que je ne fais jamais et prendre soin de mon monde physique, émotionnel, cognitif et spirituel : prolonger mon temps de méditation, m’inventer chaque jour des shakes super vitaminés pour me garder en forme, développer mon business en ligne (projet auquel je réfléchis depuis un an sans trouver le temps de poser les bases et implanter une discipline qui me permettrait de l’achever), m’entrainer (course ou yoga) tous les jours, rejoindre tous mes amis sous une forme ou une autre. J’ai testé par exemple hier l’apéro Skype avec mes copines de Paris et j’ai adoré…sauf que moi l’apéro à 12h30 alors que pour elles il était 18h30… bon j’ai trinqué avec mon thé! Pour l’exercice physique (alors que mes copines de Paris étaient installées confortablement sur leur balcon à une température de 20/25 degrés) nous recevions une giboulée de neige!

Et malgré mes 30 ans au Québec, je ne me résous toujours pas à aller courir à l’extérieur quand il neige. Je me rabats donc sur le yoga : apparemment mon corps semble adorer cette pratique rendue biquotidienne (les heures derrière l’écran ont rendu nécessaires les étirements en tout genre). J’ai mis un peu d’indiscipline dans mes routines, pour me moquer un peu de moi et faire preuve de souplesse.

Pour mettre en pratique ce que j’écris et ce que j’enseigne, j’ai un Solide trépied : Sourire + Bonne Humeur = le choix de se sentir bien.

Parce que oui, il s’agit bel et bien d’un choix, une décision de chaque instant.

Peut-être penserez-vous à la lecture de ces mots, que je suis une ultra optimiste, privilégiée par la vie et à l’abri des soubresauts émotionnels crée par les ravages de la pandémie?

Sous certains aspects, vous avez raison. J’habite un confortable appartement à Montréal, profite de la vue qui se prolonge jusqu’à l’horizon vers l’ouest et me délecte le soir du coucher de soleil quand le temps le permet. Mon frigo est plein et j’ai à ma portée tous les joujoux électroniques qui me permettent de me divertir ou de travailler. Sans compter les rayons de livres qui m'attendent depuis des lustres: m'emparer d'un ouvrage pour faire un petit voyage.

D’un autre côté, j’ai perdu en une semaine 2 amis très chers, Bruno et Paul, l’un en France, l’autre ici. Et ma belle-sœur vient de voir son neveu volé à la vie dans sa trentaine par ce virus de fou.

Malgré tous mes outils, mon écoute, ma compassion et ma présence offerts à ceux qui le souhaitaient, j’ai fait face à de nombreux moments d’impuissance et de doute, et j’ai eu moi aussi ma coupe pleine de larmes et de manque à venir. Je n’ai jamais passé aussi longtemps sans serrer ma fille dans mes bras, sans toucher les gens que j’aime et m’enivrer du parfum des fleurs printanières puisqu’ici l’hiver n’en finit pas de nous imposer sa présence.

Alors je fais ce que j’enseigne, je fais le choix, des dizaines de fois par jour, de porter mon attention sur tout ce qui est beau, sur tout ce qui me fait du bien, sur tout ce qui va bien. Oui, cette discipline est parfois (comme toute discipline) un peu pesante, sans cesse surveiller le flot de nos pensées pour ne pas les laisser nous prendre en otage. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais la récompense est incomparable et ses effets sont à long terme.

Oui, il y a mille raisons d’avoir peur, d’être en colère, frustré, triste, découragé.

Mais il y a aussi mille raisons de se réjouir, tous ces mouvements de solidarité qui naissent, cette mobilisation des personnes qui prennent soin et soignent, ces applaudissements en signe de gratitude à leur égard. Nous avons une chance unique de réinventer notre façon de travailler, de réinventer notre façon d’être en relation avec les autres et surtout d’être en meilleure relation avec nous-mêmes, avec nos émotions, nos schémas de pensée limitants (nos jugements, idées toutes faites, interprétations erronées, ego surpuissant et critique). Nous pouvons prêter attention à l’impact de nos pensées dans notre corps (nos ressentis physiques correspondent également à des réactions biochimiques) et changer de disque si la musique que nous entendons ne nous plait pas ou nous fait du mal.

Alors, limitée dans mes déplacements, dans ma façon de vivre mon travail, éloignée de ceux que j’aime, plus que jamais j’observe ce qui se passe dans ma tête, là où m’emmènent mes pensées et à chaque fois que je me surprends à porter mon attention sur quelque chose qui me fait mal, je respire et je dis «stop» …stop à cette pensée-là et que remplace par une pensée plus agréable.

Je ne vous ennuierai pas avec l’impact de cette façon de faire sur notre neurologie, notre câblage cérébral si vous voulez. Mais croyez-moi, à la longue, cela nous reprogramme différemment. Voilà une des clefs pour développer notre optimiste! Et en plus, ça préserve notre santé! Écoutons ce qui nous fait plaisir (attention aux nouvelles!!!), portons attention aux belles choses qui nous entourent, respirons des senteurs agréables, touchons, savourons, réjouissons nos sens et apprenons à nos enfants à le faire.

S’il vous plait, ne jugez pas avant d’avoir vraiment essayé, domptez quelques instants votre ego critique, ne me croyez pas sur parole, essayez!

Hier soir, pour clore une longue journée d’écriture et de réflexion j’ai décidé pour me détendre et de regarder un film inspirant qui me préparerait à une bonne nuit récupératrice. J’ai choisi Invictus de Clint Eastwood, parce que j’adore le Rugby et que Nelson Mandela est un être tellement inspirant.

27 ans prisonnier dans une cellule de 25 mètres carré, faire le choix du pardon à sa sortie de prison pour rassembler le peuple sud-africain, quelle leçon Mandela nous donne à tous en cette période de confinement!

En cours de visionnement j’ai eu le bonheur de réentendre ces quelques mots d’un poème qui l’a tant inspiré et dont j’ai fait jadis ma devise: «je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme».

Je nous souhaite de profiter de ce temps pour nourrir notre âme, regarder ce qui est vraiment important pour nous, décider de vivre véritablement aligné avec nos valeurs.

Le bonheur est un choix, j’en suis convaincue. Prenez cette décision maintenant et savourez tous les petits et grands changements que vous allez voir se produire. Pour être heureux, commençons à être heureux, minute après minute.


« Je suis le maître de mon destin,

le capitaine de mon âme »


William Ernest Henley

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